Festival de la Correspondance Grignan
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Jeudi 7 juillet
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RENCONTRES LITTÉRAIRES, animées par Gérard MEUDAL
Cour des Adhémar

Avec le soutien de la Fondation d’Entreprise La Poste

 
10h00

VLADIMIR MAÏAKOVSKI, art et politique

avec Bengt JANGFELDT pour La vie en jeu, traduction de Rémi Cassaigne,
Albin Michel, 2010 et Elena BALZAMO

Bengt Jangfeldt, lauréat en 2003 du Grand Prix de l'Académie suédoise pour sa biographie d'Axel Munthe, est l'un des spécialistes mondiaux de Vladimir Maïakovski. La Vie en jeu a reçu, en 2007, le prix suédois August de l'essai (Augustpriset).

Elena Balzamo, essayiste, traductrice et historienne des littératures scandinaves et russes est familière de l'œuvre de Maïakovski. Elle était invitée de la précédente édition du festival pour la parution du premier tome de la Correspondance de Strindberg, auquel a été décerné le Prix Sévigné Etranger 2011.

Bengt Jangfeldt retrace dans cette biographie le parcours fulgurant du poète et révolutionnaire Vladimir Maïakovski. Immense provocateur qui joua sa vie à la roulette russe, Vladimir Maïakovski demeure, quatre-vingts ans après sa mort, une figure mythique du mouvement futuriste. Personnage paradoxal, il incarna l'avant-garde politique et esthétique mais également l'artiste au service du régime soviétique. Néanmoins, c'est avant tout sa relation tumultueuse avec Lili Brik, la sœur d'Elsa Triolet, qui marquera son destin. Leur passion va durer quinze ans, jusqu'à ce jour d'avril 1930 où Maïakovski se suicide au moment même où le communisme bascule dans le cauchemar des purges staliniennes. Fondée sur les témoignages des derniers proches du poète ainsi que sur des archives privées et des documents récemment rendus accessibles par les services secrets soviétiques et britanniques, cette biographie s'impose comme un ouvrage de référence.

   
  11h00

DOSTOÏEVSKI, prophète du nihilisme ?

avec Jean-François COLOSIMO, invité d'honneur du festival

Jean-François Colosimo est l'auteur de plusieurs livres, dont L'Apocalypse Russe (Fayard, 2008) ainsi que de films documentaires dont Iran, une puissance dévoilée (Arte, 2009). Depuis 1990, il enseigne l'histoire de la philosophie et de la théologie byzantine à l'Institut Saint- Serge. Après vingt-deux ans de carrière comme éditeur, il est, depuis 2010, président du Centre national du Livre. Ses liens avec la culture russe en font, cette année, l'invité d'honneur du festival.

Comment, dès 1917, le monastère des Solovki, orgueil de l'empire tsariste, est-il devenu le premier camp d'extermination de l'Union soviétique ? Comment le nihilisme, le terrorisme, le totalitarisme sont-ils apparus dans la Sainte Russie des ermites, des fols en Christ, du peuple souffrant et « théophore » ? Comment les voix des Démons, traversant les âges, résonnent désormais aux quatre coins du monde ? En quoi Dostoïevski a été et demeure, face à l'annonce de la mort de Dieu, un prophète pour aujourd'hui ? Et que nous dit son testament sur l'humanité et l'inhumanité de l'homme ?

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LECTURE SPECTACLE
Jardin du mail

Avec le soutien de l'association Beaumarchais-SACD

 
12h15

MAÏAKOVSKI - LILI BRIK, l'unique et le voyou

adaptation libre de Séverine et Claudine VINCENT
mise en lecture Séverine VINCENT
avec Julie MARBOEUF, Robert PLAGNOL

Mais qui est cet homme, ce rustre colosse, affublé de son carnet de poésies, qui parcourt inlassablement la jeune Russie soviétique afin d'y tenir d'aventureuses conférences, faisant face à d'innombrables auditoires d'ouvriers, d'étudiants, de citoyens des villes les plus lointaines ? Mais qui est cette femme, cette ravissante Lili, sœur d'Elsa Triolet, qui rayonne par son charme sur toute la culture d'avant-garde russe au lendemain de la révolution d'octobre ?
Lui, c'est Vladimir Maïakovski, poète, pilier fondateur de la nouvelle pensée bolchevique.
Elle, c'est Lili Brik, celle qui fut la femme de sa vie.
De la joyeuse bande futuriste de 1915 et sa bohème à l'ascétique engagement militant des années de révolution, des heures dantesques de la guerre civile à la lutte désespérée contre la montée de la laideur sentencieuse de l'époque stalinienne, Lili Brik a été l'égérie de tous les cénacles successifs qui ont pris forme autour de Maïakovski. A la fois « confident », « compagnon », « unique famille », elle est la source de toute son œuvre.
Entre Maïakovski et Lili, plus qu'une histoire d'amour, c'est une vraie passion de légende.

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LECTURE
Jardin des lettres

En collaboration avec la Comédie de valence, centre dramatique national Drome Ardèche

 
12h30

MARINA TSVETAEVA, vivre-écrire-vivre

adaptation libre de Véronique OLMI
lecture dirigée par Richard BRUNEL
avec Norah KRIEF

En 1912, Marina Tsvetaeva, poétesse russe, épouse un officier de l'armée russe, Sergueï Efron. Dès 1922 le couple quitte la Russie pour s'installer à Prague avec leur fille Ariadna puis à Paris. Pendant cet exil Marina mène un combat incessant pour la vie et la création ; la vie n'a de sens pour elle qu'à travers l'écriture. Son besoin d'être aimée et surtout d'aimer la pousse vers des relations épistolaires très fortes. C'est sur les collines des environs de Prague qu'elle rencontre Konstantin Rodzévitch, un Russe en exil comme elle. Ils vivront une relation aussi intense que brève (cinq mois de passion), un amour fou qui donnera naissance à ses chefs-d'œuvre, Le Poème de la montagne et Le Poème de la fin.

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RENCONTRES LITTÉRAIRES, animées par Gérard MEUDAL
Cour des Adhémar

Avec le soutien de la Fondation d’Entreprise La Poste

 
14h30

OCAMPO/DRIEU, correspondance - PRIX SEVIGNE* 2011

avec Julien HERVIER « Lettres d'un amour défunt, Victoria Ocampo/Pierre Drieu la Rochelle » Bartillat, 2010. Anne PICARD Victoria Ocampo, En témoignage, Editions Des femmes-Antoinette Fouque, 2011 (à paraître)

Julien Hervier, universitaire et normalien, est professeur de littérature comparée et traducteur d'allemand. Déjà éditeur des Journaux de guerre d'Ernst Jünger dans l'édition de la Pléiade, il participe maintenant à une édition Drieu à paraître prochainement dans la même collection. Lettres d'un amour défunt, Victoria Ocampo / Pierre Drieu La Rochelle est la correspondance amoureuse de l'écrivain qu'il a établie et annotée et pour laquelle il reçoit le Prix Sévigné* 2011.

Anne Picard, agrégée d'espagnol, est traductrice et enseignante. Ses recherches et travaux sont orientés notamment vers la littérature hispano-américaine et la poésie. Elle a traduit entre autres des œuvres de Victoria Ocampo, Alejandra Pizarnik, Octavio Paz, Arnaldo Calveyra…

Avril 1929, deux séducteurs en pleine désillusion sentimentale et que tout semble
opposer succombent à l'émerveillement du coup de foudre. L'amitié qui en découlera
gardera la même agitation que leur brève passion charnelle. En témoigne leur correspondance, faite de tendresse mais aussi de désaccords sensibles qui se durcissent pendant la deuxième guerre mondiale, avec les positions fascistes de Drieu.

*Le Prix Sévigné, partenaire du Festival depuis 2006, couronne la publication d'une correspondance inédite ou d'une réédition augmentée d'inédits apportant une connaissance nouvelle par ses annotations et ses commentaires, sans limitation d'époque, en langue française, ou traduite d'une langue étrangère. Le Festival invite le Lauréat et propose une lecture de la correspondance primée.

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  15h30

LES ECRIVAINS EN UNION SOVIETIQUE

Avec Alexandre ADLER

Alexandre Adler est considéré comme l'une des rares grandes références en matière de géopolitique et de conflits internationaux. Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure et agrégé d'histoire, Alexandre Adler est l'un des commentateurs les plus écoutés aujourd'hui, à travers ses éditoriaux, ses participations comme expert dans de nombreux débats télévisés et radiophoniques et ses nombreux essais. Il est également l'un des spécialistes de l'Union soviétique et de l'Europe de l'Est.

Avec l'aisance qui le caractérise, il revient sur le rapport paradoxal que le pouvoir soviétique entretenait avec ses intellectuels, et évoque l'héritage de ces confrontations douloureuses ou fructueuses dans le paysage des idées de la Russie contemporaine.

     

LECTURE SPECTACLE
Jardin du mail

 
17h15

ILF ET PETROV, deux soviets au pays du capital

adaptation libre de Didier GOUPIL et Gérald STEHR
mise en lecture Christophe CORREIA
avec Xavier GALLAIS, Jean-Marc ROYON

Sorte de Dupond et Dupont des lettres soviétiques, Ilya Ilf et Yevgeny Petrov ont écrit l'essentiel de leur oeuvre à « quatre mains » et sont connus sous l'appellation globale d'Ilf et Petrov comme les humoristes les plus célèbres de leur temps. Envoyés par Staline aux Etats-Unis, comme émissaires, entre octobre 1934 et février 1935, ils traverseront le pays d'est en ouest, du nord au sud, et en ramèneront L'Amérique, roman-reportage qui au-delà de l'anecdote et des choses vues nous livre, comme en négatif, leurs enthousiasmes et leurs interrogations personnelles.

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LECTURE - Prix Sévigné 2011
Jardin des lettres

 
17h30

TU AS PRIS UN BATEAU POUR LE PASSE ?

adaptation libre de et dirigée par Julia de GASQUET
avec Marilù MARINI

En 1929, Victoria Ocampo, une célèbre mécène argentine, d'une grande beauté, rencontre Pierre Drieu la Rochelle, jeune romancier français, jalousé pour ses conquêtes. Le coup de foudre est immédiat. Ils vivent une forte idylle de quelques mois, mais très vite leur passion se dégrade et le souvenir de cet amour hantera tous leurs échanges. Fondée d'abord sur la force de l'attraction sensuelle, leur relation ne survit pas à leurs divergences politiques qui s'accusent au moment des années de guerre. Victoria inlassablement et avec un amour intact ne cessera jamais de lui dire qu'il s'était trompé en tout.

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LECTURE
Collégiale

 
19h00

ARIADNA EFRON à BORIS PASTERNAK, vivre dans l'avenir

adaptation libre de Didier GOUPIL
avec Claire CHAZAL

Ariadna Efron, née à Moscou en 1912, est la fille de la poétesse Marina Tsvetaeva. En 1922 elle suit ses parents sur le chemin de l'exil, en Tchécoslovaquie d'abord, puis à Paris où elle poursuit des études d'art. Soutenant ardemment les idées prosoviétiques de son père, elle retourne en URSS en 1937 où elle compte faire une carrière d'illustratrice, mais se voit arrêtée quelques mois plus tard comme élément «antisocial». Condamnée à huit ans de camp de travail, elle sera « libérée » en 1947. Interdite de retourner à Moscou, elle se voit confier un poste de professeur de dessin à Riazan. C'est de là-bas qu'elle écrira sa première lettre à Pasternak. Dix-huit mois plus tard, elle est à nouveau arrêtée et déportée en Sibérie. Ce n'est qu'en 1955, deux ans après la mort de Staline, qu'elle sera libérée et « réhabilitée ». Isolée, retirée, elle passera les vingt dernières années de sa vie à rassembler l'œuvre poétique de sa mère. Elle ne verra alors presque plus Pasternak. « Maintenant, (m') écrivait-elle, je vis comme un gardien dans son phare. Je ne vois pas les gens, je n'entends pas les nouvelles ». La mort de Pasternak l'arrachera à sa réclusion.

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LECTURE - SPECTACLE
Collégiale

Avec le soutien de la Fondation d'Entreprise La Poste

 
22h00

OSSIP et NADEJDA MANDELSTAM, contre l'oubli

adaptation libre de François MAURICETTE
mise en lecture Muriel MAYETTE, administrateur général de la Comédie-Française
avec Muriel MAYETTE, Samuel LABARTHE, Richard BRUNEL

Dans la nuit du 16 au 17 mai 1934, les agents de l'OGPOU perquisitionnent chez Mandelstam à la recherche d'un poème contre Staline. Mandelstam est arrêté et condamné à trois ans d'assignation à résidence dans la ville de Tcherdyn, dans l'Oural.
Le verdict initial de l'envoyer dans un camp est annulé par Staline, qui ordonne de «l'isoler, mais de le préserver». Durant ces trois ans, sa santé physique et mentale se détériore. Mandelstam ne peut vivre seul, et dès que sa femme Nadejda qui l'a accompagné en exil, regagne Moscou pour plaider sa cause ou gagner de l'argent, Mandelstam la supplie de revenir. Après avoir purgé sa peine, en juillet 1937, Mandelstam revient à Moscou où il est de nouveau arrêté. Il est déporté au camp de Kolyma, où il meurt le 26 décembre 1938. Sa femme lui survivra et sauvera son œuvre de l'oubli.

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